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Tri Yann


C'est en 1968 que Jean-Louis Jossic effectue son service militaire. Avant de partir, il s'achète une bombarde et commence à en jouer le soir, dans la caserne de Nancy. C'est au cours de ses permissions qu'il rencontre, dans un théâtre de rue auquel il participe, " deux types qui jouaient de la guitare ", Jean-Paul Corbineau et Jean Chocun. Le premier est 'acheteur' en hypermarché, le deuxième est 'assistant administratif' dans une compagnie maritime. Lui, Jean-Louis, enseigne l'histoire et la géographie au collège de Savenay. Le 27 décembre 1970, ils interprètent la Pastourelle de Saint-Julien, devant quelques amis et décident de se réunir pour le spectacle Folk Song 70, qu'ils interprètent en janvier 71.

Parce que le spectacle avait plu, ils prirent la décision de continuer en s'intéressant à la musique bretonne nantaise. En octobre 1971, alors qu'ils se produisent dans un bal breton, un danseur, de leurs amis, les surnomme en rigolant les Tri Yann An Naoned (les Trois Jean de Nantes).

La même année, invités au festival de Kendalc'h, ils demandent à Bernard Baudriller (professeur d'anglais) de les rejoindre à la contrebasse. Les Tri Yann An Naoned tournent à quatre dans les MJC et autres milieux associatifs de la région nantaise. Leur ambition est, à l'instar d'Alan Stivell, de faire sortir la musique bretonne de son cercle d'initiés (pour ne pas dire de son ghetto). Ils voulaient faire revivre le sentiment de 'bretonnitude' en Loire-Atlantique.

En 1972, dans un bal breton organisé au profit de la langue bretonne par une association locale, ils rencontrent Gilles Servat qui leur propose d'enregistrer un premier 33 tours sur son tout nouveau label Kelenn (il venait d'y enregistrer 'La Blanche Hermine'). Kelenn, à la situation financière encore fragile, décide de ne produire que 500 exemplaires du premier album Tri Yann An Naoned. Les Trois Jean de Nantes en payent 500 autres de leurs deniers, qu'ils vendent "au cul d'un camion" le soir même d'un concert donné gratuitement pour la reconstruction de la cathédrale de Nantes, incendiée quelques temps plus tôt. Au programme ce soir-là, Glenmor, Servat et les Tri Yann An Naoned. Les disques partent tous en une soirée. Le groupe investit alors dans un camion, pour sortir de la région nantaise. Pendant l'été, le label Kelenn diffuse ce premier album. Jacques Caillart, alors directeur commercial chez Phonogram (qui possède déjà Alan Stivell) et en vacances à Brest, les découvre, en même temps que Servat. De retour à Paris, Jacques Caillart achète le catalogue de Kelenn et produit du coup les Tri Yann An Naoned. Phonogram investit dans la promotion du disque. Le groupe passe sur les ondes nationales de France-Inter (José Artur) et Europe 1. Juliette Gréco invite le groupe en première partie de son Olympia 72. Ce dernier change de nom pour devenir Tri Yann.

En 1973, pour ne plus 'manquer les cours' les deux professeurs du CEG de Saveney et leurs deux complices, sous la pression de leur maison de disque, passent professionnels. Phonogram organise un Musicorama spécial à l'Olympia, en compagnie de Servat et de Diaouled Ar Menez. C'est un succès tel, que Bruno Coquatrix les invite à revenir en mai, en tête d'affiche du spectacle Keltia 73 et pour huit jours. Mais, le succès n'est pas au rendez-vous. Leur second Album aussi est un échec. Dix Ans Dix Filles, réunit les titres qui n'avaient pas trouvé place sur le premier album. Pourtant, la mode bretonne bat son plein. Tri Yann reste avant tout un groupe de scènes, aspect primordial de sa carrière.

En 1974, la mode bretonne s'essouffle. La plupart des artistes disparaissent de la scène française et 's'enferment' en Bretagne. Pourtant, cette date marque l'essor du groupe, qui sort Suite Gallaise. L'album mieux préparé que le précédent se vend bien. Cet album parait sous leur propre label, Marzelle ce qui leur permet de prendre leurs distances avec les "majors compagnies".

En 1976, le groupe sort La Découverte ou l'Ignorance, rapidement disque d'or. Cet album marque une étape nouvelle dans la composition et dans l'électrisation des instruments. Le groupe 'décolle' en France et à l'étranger, et prend de l'importance. Jérôme Gasmi devient le batteur de Tri Yann. Il sera remplacé l'année suivante par Gérard Goron (l'actuel batteur du groupe). Cette même année 1977, Tri Yann donne 120 concerts en France.

En 1978, alors que Tri Yann se produit de plus en plus à l'étranger (Belgique, Allemagne, Suisse...), et triomphe devant 15.000 spectateurs à Nyon, le cinquième Album Urba voit le jour. L'année suivante, Jean-Paul Corbineau quitte le groupe (qu'il réintègre en 1980). Christian Vignoles (1979 - 1985) puis Mylène Coue (1979 - 1980) y font leur entrée.

Dans le même temps, de nombreux militants bretons critiquent le groupe pour la "facilité" de ses interprétations. Jacques Vassal, dans un livre sur la musique bretonne, va plus loin en excluant de la Bretagne un groupe qui ne chante qu'en français et en gallo. La réaction des Tri Yann ne se fait pas attendre.

En 1981, ils fustigent le nucléaire et soutiennent les émeutes de Plogoff contre l'installation d'une centrale nucléaire sur le magnifique site de la Pointe du Raz (la pointe ouest de l'Europe). An Heol A Zo Glaz (Le Soleil est Vert) marque le début d'un nouveau rythme pour le groupe. Désormais, chaque album devient une œuvre à part entière traitant d'un thème précis. Le groupe connaît un creux commercial, alors qu'ailleurs, les ventes bretonnes s'effondrent. Jean-Louis Jossic considère que la scène a sauvé le groupe. Même si les jeunes désertent leurs prestations, le public reste assez fidèle. Ce léger repli est d'autant plus dur, que le groupe compte à présent six musiciens et une équipe complète pour les tournées.

En 1983, le groupe se voit décerner le prix de la Critique du Disque, par la presse allemande. Café du Bon Coin mélange les influences rocks et médiévales. Il faut noter deux titres extraordinairement beaux, La Ville que j'ai Tant Aimée et les Chevaux du Méné-Bré. Dont les versions en concert traduisent leur capacité à se renouveler et à s'adapter.

En 1985, le groupe connaît à nouveau des changements. Bruno Sabathe (claviers) fait son entrée, en même temps que Louis-Marie Seveno (basse, violon) qui remplace Bernard Baudriller. Christian Vignoles quitte à son tour les Tri Yann. Anniverscène est le premier album public, réalisé à l'occasion des quinze ans de la formation (initiale). C'est à Nantes en mai, à la salle Paul Fort, qu'a lieu l'enregistrement. Le concert s'ouvre sur un cantique breton (qui servit de bande annonce à une série télévisée, pour enfants, appelée Bonne Nuit les Petits). Tri Yann enchaîne ensuite, sur une interprétation très moderne et peu habituelle de Déjà Mal Marié.

Trois ans plus tard, en 1988, les Tri Yann orchestrent à leur tour une œuvre magistrale. Le Vaisseau de Pierre (...), d'après Pierre Christin et Enki Bilal. Jean-Luc Chevalier (ex-Magma) à la guitare, les rejoint. Le groupe passe à sept musiciens. Ce disque commémore un fantastique spectacle musical avec danseurs et marionnettes géantes. 21 musiciens et deux chorales montent sur scène pour une tournée française du spectacle. Artistiquement passionnant, il se révèle financièrement catastrophique. Le disque se vend mal. Cet échec est certainement dû à la trop grande importance visuel du spectacle, qui perd en sonorité nouvelle et en recherche musicale. Deux ans plus tard, Belle et Rebelle rend hommage à Nantes. Jacques Demy vient de disparaître, les Tri Yann lui dédient ce disque qui se vend normalement, mais sans excès. Malgré certains thèmes particulièrement émouvants comme Gwerz Jorg Courtois (qui raconte la tentative d'évasion du palais de justice de Nantes, de Georges Courtois) ou Les Pailles d'Or Brisées, le reste du disque perd la chaleur habituelle du groupe. La musique devient trop électrique et ne porte plus suffisamment le discours. L'année suivante, en 1992, Bruno Sabathe quitte la formation. Il est remplacé par Christophe Le Helley (clavier, et instruments traditionnels) qui renforce l'ancrage médiéval du groupe.

Ce n'est qu'en 1993, que Tri Yann renoue vraiment avec le succès commercial. La compilation Inventaire, qui vient de paraître, atteint rapidement l'or. Une vidéo éponyme est tourné à l'Onyx de Saint-Herblain, au festival Celtomania. Mais cette année est aussi celle du CIP (Contrat d'Insertion Professionnel) qui voulait faire travailler les jeunes pour deux fois moins que le SMIC. Les Tri Yann, en 'bons anciens professeurs', se révoltent à leur manière et, en compagnie d'EV et de Gilles Servat, participent à un concert de soutien aux étudiants en colère. Ce concert est une révélation pour le groupe qui découvre un jeune public 'plus fan' que la génération précédente. Malgré le recul des années 1980, les jeunes bretons et les autres ont continué d'apprendre par cœur les chansons du groupe, sans jamais les avoir entendues, ni à la radio, ni à la télévision. L'année suivante, Dan Ar Braz sort l'Héritage des Celtes. La nouvelle vague celtique reprend pied sur la scène internationale.

En 1995, Portraits, dédié à Guillaume Seznec, est enregistré à l'Abbaye de Fontevraud. Tri Yann tire parti de l'acoustique extraordinaire du lieu. Bernard Baudriller rejoint le groupe en invité. On retrouve, en première partie du disque, des thèmes chers aux bretons : Gerry Adams, Brian Boru et surtout Anne de Bretagne. La deuxième partie du disque est consacrée uniquement à la réhabilitation de Guillaume Seznec. Tri Yann condamne un procès injuste et truqué, une instruction tronquée, un juge marron et politiquement peu fiable. Le groupe dénonce aussi la mort 'peu catholique' de l'un des bretons les plus connus de l'ouest armoricain. Guillaume Seznec a été condamné à 20 ans de bagne pour un crime sans motif, sans preuves et sans cadavre. Le 24 octobre 1997, le groupe inaugurera, à Sixt-Sur-Aff (56), par un concert, la première avenue Guillaume Seznec (lequel n'est toujours pas réhabilité...).

Le concert de célébration de leur vingt-cinquième anniversaire à lieu dans l'Usine LU, à Nantes, l'usine du 'petit beurre'. Tous les musiciens ayant partagé la vie du groupe et tous ceux 'sans qui...' se retrouvent pour deux concerts exceptionnels. Un disque d'or leur est remis pour Inventaire 1. Le public acclame le groupe et lui souhaite un bon anniversaire. Inventaire 2 est mis sur le marché.

En avril 1996, Tri Yann se retrouve à l'Olympia pour une unique soirée où, plus de deux mois avant, les guichets avaient fermé. En novembre c'est au tour du Zénith de recevoir la formation qui accueille 10.000 spectateurs en deux jours. Un double CD Tri Yann En Concert, et une vidéo En Coulisse, saluent l'événement. Ce dernier album marque le couronnement de la carrière du groupe. Les plus beaux thèmes sont revisités et ré-interprétés. Le succès est immédiat.

Le 20 juin 1998, le projet réalisé par Hubert Soudant et Jean-Louis Jossic aboutit : L'Orchestre National des Pays de la Loire rencontre Tri Yann pour une série de concerts. Un album devrait paraître au début de l'automne.


Jérémie Pierre JOUAN.



Sources : Biographie Tri Yann (Patricia Téglia, Déclic Communication)












Tri Yann : " La tradition bretonne, c’est la création "

Le groupe a l’âge du festival et défend la vitalité d’un vrai métissage culturel.

Lorient,

envoyé spécial.

Tri Yann a enflammé, samedi 2 août 2003 l’espace Marine de Lorient, au cours d’un spectacle détonant, agrémenté de costumes éclatants, de chansons traditionnelles du répertoire du groupe (le fameux Prisonnier de Nantes) et de quelques morceaux de leur prochain album Marines, qui sort le 22 septembre (1). Jean-Louis Jossic, l’artiste militant n’a pas oublié la lutte des intermittents en faisant lire un texte de soutien par une chanteuse invitée, la troublante Bleuwenn et en terminant le show par un poème de Yvon Le Men (voir ci-contre).

Tri Yann fait figure de vétéran au Festival interceltique ? Qu’est-ce que représente ce festival ?

Jean-Louis Jossic. Oui, le groupe a l’âge du festival, trente-trois ans. Nous venons ici tous les deux ou trois ans car l’Interceltique est un des points d’affirmation de la richesse de l’identité culturelle bretonne, qui prouve qu’elle intéresse le monde. C’est le résultat du métissage des musiques et une occasion de se frotter aux autres. Il y a peu d’organisateurs capables de présenter plusieurs concerts le même soir, pour des raisons économiques.

Vous participez en 2004 à la Nuit celtique du Stade de France et de La Beaujoire à Nantes. L’Interceltique est-il un grand cirque des musiques celtes ?

Jean-Louis Jossic. À Lorient, il est certes imposant mais la convivialité et le contact sont toujours au rendez-vous. Et si ça s’exporte, tant mieux. J’aime chanter dans des petites salles mais pour des artistes c’est important de se frotter à des audiences plus larges. Cela implique en conséquence une grande responsabilité. On est des repères pour les gens. Les grands concerts sont comme des grandes manifestations.

La création est-elle encore possible ?

Jean-Louis Jossic. Je crois au métissage des musiques qui est une tradition bretonne. La vraie tradition bretonne, c’est la création. Par exemple, la Bretagne n’a inventé aucun des instruments qu’elle utilise pour accompagner les chants. Mais ce métissage ne doit pas être une recherche d’exotisme à tout prix. Je joue sur les mêmes gammes que des musiques du Maghreb parce que ce sont des gammes pentatoniques. Il y a des rencontres logiques entre les musiques bretonnes et kabyles. C’est le contraire d’une world music affadie, un faux chant indien. Nous devons faire attention à ne pas nous égarer dans une mondialisation factice.

C’est un danger pour la musique celte ?

Jean-Louis Jossic. Je ne crois pas. Avec des nuances peut être pour les Irlandais qui ont très tôt investi le marché américain grâce à une langue commune. Mais la Bretagne échappe à ce danger. La Bretagne est une terre de résistance. Elle a aussi une tradition de kermesse, d’où la difficulté du passage au professionnalisme. C’est difficile de faire comprendre que la culture c’est aussi l’engagement d’une vie.

Votre prochain album s’intitule Marines. Que représente-t-il pour Tri Yann ?

Jean-Louis Jossic. Il s’agit d’un album à thème. Pour moi, le premier moyen d’accès à la culture, c’est le livre, c’est raconter une histoire. La musique est la denrée consommable la plus accessible. Faire un album à thème, c’est sortir du cadre classique, une chanson de trois minutes avec un refrain, etc. On s’est rendu compte qu’on avait très peu chanté la mer, ce qui se passe au-dessus et au-dessous. Les chansons de marins sont trop restrictives. Après Marines il y aura un second volet : Sous marines. Il y a une grande part de tradition dans Marines, avec des musiques arrangées et des paroles peu traditionnelles. Aujourd’hui la bergère est caissière de supermarché et le prétendant est apprenti en informatique. Beaucoup de chansons traditionnelles nous échappent. On doit adapter des paroles sur le monde actuel. L’avantage de la tradition orale en Bretagne est qu’elle a opéré un véritable écrémage au cours des siècles. Sont restées les meilleures chansons. En plus il y a quelque chose de touchant, des petites gens, des paysans de la France d’en-bas faisaient de très belles chansons après leur travail.

Vous avez pris une position claire pour défendre les intermittents et vous êtes à l’origine d’un appel du 2 août rassemblant les artistes qui ont joué sur les scènes de Lorient ce jour-là.

Jean-Louis Jossic. Cela fait des années qu’on dénonce les abus des sociétés de production audiovisuelles et le gouvernement au lieu de commencer par s’attaquer à ces abus punit toute la classe. On a trouvé une solution réaliste à Lorient avec la direction du festival, et on a une vision commune. La situation des jeunes artistes et techniciens est difficile dans la musique mais pour le théâtre, la danse c’est effrayant et la poésie, c’est une catastrophe. Ce sont les nouvelles générations qui vont payer cher l’accord du 27 juin.

J. M.




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